L'ordine del giorno
by Éric Vuillard
(*)(*)(*)(*)( )(107)
La Germania nazista ha la sua leggenda. Vi vediamo un esercito rapido, moderno, il cui trionfo sembra inesorabile. Ma se alla base dei suoi primi successi trovassimo invece mercanteggiamenti e volgari combinazioni di interessi? E se le gloriose immagini della Wehrmacht che entra trionfalmente in Austria mascherassero un immenso ingorgo di panzer, semplicemente in panne? Una dimostrazione agrodolce del dietro le quinte dell'Anschluss.

All Quotations

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Edoardo BrugnatelliEdoardo Brugnatelli added a quotation
On accable l'Histoire, on prétend qu'elle ferait prendre la pose aux protagonistes de nos tourments. On ne verrait jamais l'ourlet crasseux, la nappe jaunie, le talon de chéquier, la tache de café. Des événements, on ne nous montrerait que que le bon profil. Pourtant, si l'on regarde bien, sur la photographie où l'on voit Chamberlain et Daladier, à Munich, juste avant la signature, aux côtés d'Hitler et de Mussolini, les Premiers ministres anglais et français ne semblent pas très fiers. Mais tout de même ils signent. Après avoir traversé les rues de Munich sous les acclamations d'une foule immense, les accueillant par des saluts nazis, ils signent. Et on les voit, l'un, Daladier, chapeau sur le crâne, un peu gêné, faisant de petits coucous, l'autre, Chamberlain, le hat à la main, avec un grand sourire. Cet inlassable artisan de la paix, comme le nomment les actualités du temps, grimpe sur le perron, pour l'éternité en noir et blanc, entre deux rangées de soldats nazis. A cet instant, le commentateur inspiré, nasille que les quatre chefs d'Etat, Daladier, Chamberlain, Mussolini et Hitler, animés d'une même volonté de paix posent pour la postérité. L'Histoire rend ces commentaires à leur dérisoire nullité et jette sur toutes les actualités à venir un discrédit navrant. Il paraît qu'à Munich serait né un immense espoir. Ceux qui disent cela ignorent le sens des mots. Ils parlent la langue du paradis où, dit-on, tous les mots se valent. Un peu plus tard, Edouard Daladier, à Radio Paris, seize cent quarante huit mètres sur grandes ondes, après quelques notes de musique, raconte. Il a la certitude d'avoir sauvé la paix en Europe, c'est ce qu'il nous dit. Il n'en croit rien. "Ah les cons, s'ils savaient !" aurait-il murmuré à sa descente d'avion face à la foule qui l'acclame. Dans ce grand bric-à-brac de misère, où se préparent déjà les pires événements, un respect mystérieux pour le mensonge domine. Les manoeuvres terrassent les faits ; et les déclarations de nos chefs d'Etat vont être bientôt emportées comme un toit de tôle par un orage de printemps.
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On accable l'Histoire, on prétend qu'elle ferait prendre la pose aux protagonistes de nos tourments. On ne verrait jamais l'ourlet crasseux, la nappe jaunie, le talon de chéquier, la tache de café. Des événements, on ne nous montrerait que que le bon profil. Pourtant, si l'on regarde bien, sur la photographie où l'on voit Chamberlain et Daladier, à Munich, juste avant la signature, aux côtés d'Hitler et de Mussolini, les Premiers ministres anglais et français ne semblent pas très fiers. Mais tout de même ils signent. Après avoir traversé les rues de Munich sous les acclamations d'une foule immense, les accueillant par des saluts nazis, ils signent. Et on les voit, l'un, Daladier, chapeau sur le crâne, un peu gêné, faisant de petits coucous, l'autre, Chamberlain, le hat à la main, avec un grand sourire. Cet inlassable artisan de la paix, comme le nomment les actualités du temps, grimpe sur le perron, pour l'éternité en noir et blanc, entre deux rangées de soldats nazis. A cet instant, le commentateur inspiré, nasille que les quatre chefs d'Etat, Daladier, Chamberlain, Mussolini et Hitler, animés d'une même volonté de paix posent pour la postérité. L'Histoire rend ces commentaires à leur dérisoire nullité et jette sur toutes les actualités à venir un discrédit navrant. Il paraît qu'à Munich serait né un immense espoir. Ceux qui disent cela ignorent le sens des mots. Ils parlent la langue du paradis où, dit-on, tous les mots se valent. Un peu plus tard, Edouard Daladier, à Radio Paris, seize cent quarante huit mètres sur grandes ondes, après quelques notes de musique, raconte. Il a la certitude d'avoir sauvé la paix en Europe, c'est ce qu'il nous dit. Il n'en croit rien. "Ah les cons, s'ils savaient !" aurait-il murmuré à sa descente d'avion face à la foule qui l'acclame. Dans ce grand bric-à-brac de misère, où se préparent déjà les pires événements, un respect mystérieux pour le mensonge domine. Les manoeuvres terrassent les faits ; et les déclarations de nos chefs d'Etat vont être bientôt emportées comme un toit de tôle par un orage de printemps.
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Ainsi, égarée par une idée de nation mesquine et dangereuse, sans avenir, cette foule immense, frustrée par une précédente défaite, tend le bras en l’air. Là, depuis le balcon du palais de Sissi, d’une voix terriblement étrange, lyrique, inquiétante, terminant son discours en un cri rauque et déplaisant, Hitler.
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Ainsi, égarée par une idée de nation mesquine et dangereuse, sans avenir, cette foule immense, frustrée par une précédente défaite, tend le bras en l’air. Là, depuis le balcon du palais de Sissi, d’une voix terriblement étrange, lyrique, inquiétante, terminant son discours en un cri rauque et déplaisant, Hitler.
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Mais Krupp ne fut pas le seul à louer de tels services. Ses comparses de la réunion du 20 février en profitèrent eux aussi ; derrière les passions criminelles et les gesticulations politiques leurs intérêts trouvaient leur compte. La guerre avait été rentable. Bayer afferma de la main-d’œuvre à Mauthausen. BMW embauchait à Dachau, à Papenburg, à Sachsenhausen, à Natzweiler-Struthof et à Buchenwald. Daimler à Schirmeck. IG Farben recrutait à Dora-Mittelbau, à Gross-Rosen, à Sachsenhausen, à Buchenwald, à Ravensbrück, à Dachau, à Mauthausen, et exploitait une usine gigantesque dans le camp d’Auschwitz : l’IG Auschwitz, qui en toute impudence figure sous ce nom dans l’organigramme de la firme. Agfa recrutait à Dachau. Shell à Neuengamme. Schneider à Buchenwald. Telefunken à Gross-Rosen et Siemens à Buchenwald, à Flossenbürg, à Neuengamme, à Ravensbrück, à Sachsenhausen, à Gross-Rosen et à Auschwitz. Tout le monde s’était jeté sur une main-d’œuvre si bon marché. Ce n’est donc pas Gustav qui hallucine ce soir-là, au milieu de son repas de famille, c’est Bertha et son fils qui ne veulent rien voir. Car ils sont bien là, dans l’ombre, tous ces morts. (P. 145)
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Mais Krupp ne fut pas le seul à louer de tels services. Ses comparses de la réunion du 20 février en profitèrent eux aussi ; derrière les passions criminelles et les gesticulations politiques leurs intérêts trouvaient leur compte. La guerre avait été rentable. Bayer afferma de la main-d’œuvre à Mauthausen. BMW embauchait à Dachau, à Papenburg, à Sachsenhausen, à Natzweiler-Struthof et à Buchenwald. Daimler à Schirmeck. IG Farben recrutait à Dora-Mittelbau, à Gross-Rosen, à Sachsenhausen, à Buchenwald, à Ravensbrück, à Dachau, à Mauthausen, et exploitait une usine gigantesque dans le camp d’Auschwitz : l’IG Auschwitz, qui en toute impudence figure sous ce nom dans l’organigramme de la firme. Agfa recrutait à Dachau. Shell à Neuengamme. Schneider à Buchenwald. Telefunken à Gross-Rosen et Siemens à Buchenwald, à Flossenbürg, à Neuengamme, à Ravensbrück, à Sachsenhausen, à Gross-Rosen et à Auschwitz. Tout le monde s’était jeté sur une main-d’œuvre si bon marché. Ce n’est donc pas Gustav qui hallucine ce soir-là, au milieu de son repas de famille, c’est Bertha et son fils qui ne veulent rien voir. Car ils sont bien là, dans l’ombre, tous ces morts. (P. 145)
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Gustav Grupp Pendant des années , il avait loué des déportés de Buchenwald, à Flossenbürg, à Ravensbrück, à Sachsenhausen, à Auschwitz et à bien d'autres camps. Leur espérance de vie était de quelques mois. Si le prisonnier échappait aux maladies infectieuses, il mourait littéralement de faim. Mais Krupp ne fut pas le seul à louer de tels services Ses comparses de la réunion du 20 février en profitèrent eux aussi ; derrière les passions criminelles et les gesticulations politiques leurs intérêts trouvaient leur compte. La guerre avait été rentable. Bayer afferma de la main d'oeuvre à Mauthausen. BMW embauchait à Dachau, à Papenbur à Sachsenhausen, à Natzweiller-Struthof et à Buchenwald. Daimler à Schirmec. IG Farben recrutait à Dora-Mittelbau, à Gross-Rose, à Sachsenhausen, a Buchenwald, à Ravensbrück, à Dachau, à Mauthausen, et exploitait une usine gigantesque dans le camp d'Auschwitz, qui en toute impudence figure sous ce nom dans l'organigramme de la firme. Agfa recrutait à Dacha. Shell à Neuengamme. Schneider à Buchenwald. Telefunken à Gross- Rosen et Siemens à Buchenwald, à Flossenbürg, à Neuengamme, à Ravensbrück, à Sachsenhausen, à Gross-Rosen et à Auschwitz. Tout le monde s'était jeté sur une main-d'oeuvre si bon marché. ...Sur un arrivage de 600 déportés, en 1943, aux usines Krupp, il n'en restait un an plus tard que 20. En 1958 Des juifs de Brooklyn réclamèrent réclamèrent réparation. Gustav Krupp avait offert sans ciller des sommes astronomiques aux nazis dès la réunion du 20 février 1933, mais à présent son fils, Alfried, se montrait moins prodigue. .. On parvint toutefois à un accord. Krupp s'engagea à verser 1250 dollars à chaque rescapé ; ce qui était bien peu pour solde de tout compte. Mais le geste de Krupp fut salué unanimement par la presse. Cela lui fit même une remarquable publicité. Bientôt, à mesure que les rescapés se déclaraient, la somme allouée à chacun devint plus maigre. On passa à 750 dollars, puis à 500. Enfin, lorsque d'autres déportés se manifestèrent, le Konzern leur fit savoir qu'il n'était malheureusement plus en mesure d'effectuer des paiements volontaires : les Juifs avait coûté trop cher.
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Gustav Grupp Pendant des années , il avait loué des déportés de Buchenwald, à Flossenbürg, à Ravensbrück, à Sachsenhausen, à Auschwitz et à bien d'autres camps. Leur espérance de vie était de quelques mois. Si le prisonnier échappait aux maladies infectieuses, il mourait littéralement de faim. Mais Krupp ne fut pas le seul à louer de tels services Ses comparses de la réunion du 20 février en profitèrent eux aussi ; derrière les passions criminelles et les gesticulations politiques leurs intérêts trouvaient leur compte. La guerre avait été rentable. Bayer afferma de la main d'oeuvre à Mauthausen. BMW embauchait à Dachau, à Papenbur à Sachsenhausen, à Natzweiller-Struthof et à Buchenwald. Daimler à Schirmec. IG Farben recrutait à Dora-Mittelbau, à Gross-Rose, à Sachsenhausen, a Buchenwald, à Ravensbrück, à Dachau, à Mauthausen, et exploitait une usine gigantesque dans le camp d'Auschwitz, qui en toute impudence figure sous ce nom dans l'organigramme de la firme. Agfa recrutait à Dacha. Shell à Neuengamme. Schneider à Buchenwald. Telefunken à Gross- Rosen et Siemens à Buchenwald, à Flossenbürg, à Neuengamme, à Ravensbrück, à Sachsenhausen, à Gross-Rosen et à Auschwitz. Tout le monde s'était jeté sur une main-d'oeuvre si bon marché. ...Sur un arrivage de 600 déportés, en 1943, aux usines Krupp, il n'en restait un an plus tard que 20. En 1958 Des juifs de Brooklyn réclamèrent réclamèrent réparation. Gustav Krupp avait offert sans ciller des sommes astronomiques aux nazis dès la réunion du 20 février 1933, mais à présent son fils, Alfried, se montrait moins prodigue. .. On parvint toutefois à un accord. Krupp s'engagea à verser 1250 dollars à chaque rescapé ; ce qui était bien peu pour solde de tout compte. Mais le geste de Krupp fut salué unanimement par la presse. Cela lui fit même une remarquable publicité. Bientôt, à mesure que les rescapés se déclaraient, la somme allouée à chacun devint plus maigre. On passa à 750 dollars, puis à 500. Enfin, lorsque d'autres déportés se manifestèrent, le Konzern leur fit savoir qu'il n'était malheureusement plus en mesure d'effectuer des paiements volontaires : les Juifs avait coûté trop cher.
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Alma Biro ne s'est pas suicidée. Karl Schlesinger ne s'est pas suicidé. Léopold Bien ne s'est pas suicidé. Et Hélène Kuhner, non plus. Aucun d'entre eux. Leur mort ne peut s'identifier au récit mystérieux de leur propres malheurs. On ne peut pas dire qu'ils aient choisi de mourir dignement. Non. Ce n'est pas un désespoir intime qui les a ravagés. Leur douleur est une chose collective. Et leur suicide est le crime d'un autre.
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Alma Biro ne s'est pas suicidée. Karl Schlesinger ne s'est pas suicidé. Léopold Bien ne s'est pas suicidé. Et Hélène Kuhner, non plus. Aucun d'entre eux. Leur mort ne peut s'identifier au récit mystérieux de leur propres malheurs. On ne peut pas dire qu'ils aient choisi de mourir dignement. Non. Ce n'est pas un désespoir intime qui les a ravagés. Leur douleur est une chose collective. Et leur suicide est le crime d'un autre.
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La vérité est dispersée dans toutes sortes de poussières.
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La vérité est dispersée dans toutes sortes de poussières.
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Cette réunion politique du 20 Février 1933, dans laquelle on pourrait voir un moment unique de l'histoire patronale, une compromission inouïe avec les nazis, n'est rien d'autre pour les Krupp, les Opel, les Siemens qu'un épisode assez ordinaire de la vie des affaires, une banale levée de fonds. Tous survivront au régime et financeront à l'avenir bien des partis à proportion de leur performance.
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Cette réunion politique du 20 Février 1933, dans laquelle on pourrait voir un moment unique de l'histoire patronale, une compromission inouïe avec les nazis, n'est rien d'autre pour les Krupp, les Opel, les Siemens qu'un épisode assez ordinaire de la vie des affaires, une banale levée de fonds. Tous survivront au régime et financeront à l'avenir bien des partis à proportion de leur performance.
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Et peu importe que ce matin-là Helene ait vu ou non, parmi la foule hurlante, les Juifs accroupis, à quatre pattes, forcés de nettoyer les trottoirs sous les regards amusés des passants. Peu importe qu'elle ait ou non assisté à ces scènes ignobles où on leur fit brouter de l'herbe. Sa mort traduit seulement ce qu'elle ressentit, le grand malheur, la réalité hideuse, son dégoût pour un monde qu'elle vit se déployer dans sa nudité meurtrière. Car au fond, le crime était déjà là, dans les petits drapeaux, dans les sourires des jeunes filles, dans tout ce printemps perverti. Et jusque dans les rires, dans cette ferveur déchaînée, Helene Kuhner dut sentir la haine et la jouissance. Elle a dû entrevoir-en un raptus terrifiant-, derrière ces millions de silhouettes, de visages, des millions de forçats. Et elle a deviné, derrière la liesse effrayante, la carrière de granit de Mauthausen. Alors, elle s'est vue mourir. Dans le sourire des jeunes filles de Vienne, le 12 mars 1938, au milieu des cris de la foule, dans l'odeur fraîche des myosotis, au cœur de cette allégresse bizarre, de toute cette ferveur, elle dut éprouver un noir chagrin.
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Et peu importe que ce matin-là Helene ait vu ou non, parmi la foule hurlante, les Juifs accroupis, à quatre pattes, forcés de nettoyer les trottoirs sous les regards amusés des passants. Peu importe qu'elle ait ou non assisté à ces scènes ignobles où on leur fit brouter de l'herbe. Sa mort traduit seulement ce qu'elle ressentit, le grand malheur, la réalité hideuse, son dégoût pour un monde qu'elle vit se déployer dans sa nudité meurtrière. Car au fond, le crime était déjà là, dans les petits drapeaux, dans les sourires des jeunes filles, dans tout ce printemps perverti. Et jusque dans les rires, dans cette ferveur déchaînée, Helene Kuhner dut sentir la haine et la jouissance. Elle a dû entrevoir-en un raptus terrifiant-, derrière ces millions de silhouettes, de visages, des millions de forçats. Et elle a deviné, derrière la liesse effrayante, la carrière de granit de Mauthausen. Alors, elle s'est vue mourir. Dans le sourire des jeunes filles de Vienne, le 12 mars 1938, au milieu des cris de la foule, dans l'odeur fraîche des myosotis, au cœur de cette allégresse bizarre, de toute cette ferveur, elle dut éprouver un noir chagrin.
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Il faut se souvenir qu'à cet instant la Blitzkrieg n'est rien. Elle n'est qu'un embouteillage de panzers. Elle n'est qu'une gigantesque panne de moteur sur les nationales autrichiennes, elle n'est rien d'autre [...] qu'un mot venu plus tard comme un coup de poker. Et ce qui étonne dans cette guerre, c'est la réussite inouïe du culot, dont on doit retenir une chose : le monde cède au bluff. Même le monde le plus sérieux, le plus rigide, même le vieil ordre, s'il ne cède jamais à l'exigence de justice , s'il ne plie jamais devant le peuple qui s'insurge, plie devant le bluff.
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Il faut se souvenir qu'à cet instant la Blitzkrieg n'est rien. Elle n'est qu'un embouteillage de panzers. Elle n'est qu'une gigantesque panne de moteur sur les nationales autrichiennes, elle n'est rien d'autre [...] qu'un mot venu plus tard comme un coup de poker. Et ce qui étonne dans cette guerre, c'est la réussite inouïe du culot, dont on doit retenir une chose : le monde cède au bluff. Même le monde le plus sérieux, le plus rigide, même le vieil ordre, s'il ne cède jamais à l'exigence de justice , s'il ne plie jamais devant le peuple qui s'insurge, plie devant le bluff.
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Sur le site du groupe Thyssen-Krupp, l’un des leaders mondiaux de l’acier, dont le siège est toujours à Essen et dont les mots d’ordre sont à présent souplesse et transparence, on trouve une petite note sur les Krupp. Gustav n’a pas activement soutenu Hitler avant 1933, nous dit-on, mais une fois celui-ci nommé chancelier, il s’est montré loyal envers son pays. Il ne devint membre du parti Nazi qu’en 1940, est-il précisé, pour son soixante-dixième anniversaire. Il n’est question ni des usines concentrationnaire, ni des travailleurs forcés, ni de rien.
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Sur le site du groupe Thyssen-Krupp, l’un des leaders mondiaux de l’acier, dont le siège est toujours à Essen et dont les mots d’ordre sont à présent souplesse et transparence, on trouve une petite note sur les Krupp. Gustav n’a pas activement soutenu Hitler avant 1933, nous dit-on, mais une fois celui-ci nommé chancelier, il s’est montré loyal envers son pays. Il ne devint membre du parti Nazi qu’en 1940, est-il précisé, pour son soixante-dixième anniversaire. Il n’est question ni des usines concentrationnaire, ni des travailleurs forcés, ni de rien.